Loyer impayé : la marche à suivre, étape par étape
Publié le 20/07/2026
Un loyer qui n'arrive pas à la date prévue est l'une des situations les plus stressantes pour un propriétaire bailleur. La bonne nouvelle : il existe une marche à suivre éprouvée, qui protège vos droits tout en maximisant vos chances de récupérer les sommes dues sans passer par une longue procédure judiciaire. Voici les étapes, dans l'ordre.
Étape 1 : réagir vite, dès les premiers jours
Un retard de paiement n'est pas toujours un impayé volontaire : oubli, changement de compte bancaire, difficulté passagère. Un simple message ou appel téléphonique dans les jours qui suivent l'échéance permet souvent de résoudre la situation sans formalisme, tout en montrant que vous suivez la situation de près. C'est aussi le moment d'envoyer, si ce n'est pas déjà automatique, un appel de loyer clair rappelant le montant dû.
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Étape 2 : la relance écrite
Si le contact amiable ne suffit pas sous une dizaine de jours, une relance écrite (email ou courrier simple) marque une étape supplémentaire. Elle doit rappeler le montant dû, la période concernée, et fixer un délai raisonnable de régularisation. Cette trace écrite sera utile si la situation se prolonge.
Étape 3 : la mise en demeure par lettre recommandée
Passé ce délai sans réponse ni paiement, la mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) constitue la première étape réellement formelle. Elle doit mentionner :
- Le montant exact dû, détaillé par mois ;
- La référence au bail et à l'obligation de paiement du locataire ;
- Un délai pour régulariser (généralement quelques jours à deux semaines) ;
- Les conséquences en cas de non-paiement (poursuite de la procédure).
Cette lettre est indispensable : elle constitue la preuve que vous avez formellement réclamé le paiement avant d'engager une procédure plus lourde.
Étape 4 : activer les garanties existantes
C'est le moment de vérifier les protections mises en place à la signature du bail :
- La caution solidaire (garant personne physique) : elle peut être sollicitée dès le premier impayé, dans les conditions prévues par l'acte de cautionnement.
- La garantie Visale (Action Logement) : gratuite pour le bailleur, elle couvre les impayés selon un plafond et une durée définis, avec une procédure de déclaration à respecter rapidement.
- L'assurance loyers impayés (GLI) : souscrite par le bailleur, elle indemnise les loyers impayés selon les conditions du contrat, généralement après un délai de carence et sous réserve d'avoir engagé les démarches de relance dans les temps.
Chaque garantie a ses propres délais de déclaration : plus vous agissez tôt, plus vous sécurisez la prise en charge.
Étape 5 : le commandement de payer
Si le bail comporte une clause résolutoire (c'est le cas de la grande majorité des baux types) et que la situation persiste, un commandement de payer délivré par un commissaire de justice (ex-huissier) devient l'étape suivante. Il accorde un délai légal — généralement deux mois — pendant lequel le locataire peut encore régulariser sa situation. Le locataire peut également solliciter des délais de paiement auprès du juge.
Étape 6 : la procédure judiciaire
À défaut de régularisation, le bailleur peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir la résiliation du bail et l'expulsion, ainsi que le paiement des sommes dues. Deux voies existent selon les cas : l'injonction de payer pour une créance simple, ou l'assignation en résiliation de bail lorsque la clause résolutoire est invoquée. Cette phase peut prendre plusieurs mois — raison de plus pour avoir engagé les étapes précédentes le plus tôt possible.
À noter : l'expulsion effective ne peut pas avoir lieu pendant la trêve hivernale (du 1er novembre au 31 mars), sauf exceptions limitées prévues par la loi.
Prévenir plutôt que guérir
Certaines pratiques réduisent significativement le risque d'impayé :
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- Étudier sérieusement le dossier du candidat locataire (justificatifs de revenus, garant le cas échéant) ;
- Systématiser les quittances et les rappels d'échéance, qui installent une routine de paiement claire ;
- Suivre les paiements mois par mois plutôt que de découvrir un retard après plusieurs semaines ;
- Réagir dès le premier jour de retard, sans attendre "pour voir".
Suivre vos loyers sans y penser
La difficulté, pour un bailleur qui gère seul son bien, est souvent de détecter un impayé à temps — surtout lorsque plusieurs logements sont concernés. Gomaloc permet de suivre l'état de chaque loyer d'un coup d'œil, d'être alerté automatiquement en cas de non-paiement, et de déclencher les relances au bon moment plutôt que de s'en rendre compte trop tard.