Régularisation des charges locatives : mode d'emploi

Publié le 18/07/2026

Illustration d'un document avec un symbole d'égalité symbolisant la balance des charges

Chaque année, le bailleur doit comparer les provisions pour charges perçues mensuellement à ce que les charges ont réellement coûté. Cette étape, la régularisation, est source de confusion — et parfois de litige — quand elle est mal préparée. Voici comment la mener correctement.

Provisions et charges réelles : de quoi parle-t-on ?

Le locataire verse chaque mois, en plus du loyer, une provision pour charges : une estimation anticipée de sa quote-part des dépenses communes de l'immeuble ou du logement (eau, entretien des parties communes, ascenseur...). Une fois par an, le bailleur doit comparer le total de ces provisions perçues aux charges réelles récupérables effectivement engagées sur la période, et régulariser l'écart.

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Quelles charges sont récupérables ?

Seules les charges figurant sur la liste fixée par le décret n° 87-713 du 26 août 1987 peuvent être mises à la charge du locataire : eau, entretien des parties communes et espaces verts, ascenseur, taxe d'enlèvement des ordures ménagères, menues réparations des équipements communs, notamment. À l'inverse, les grosses réparations, la taxe foncière (hors TEOM) ou les frais de gestion locative restent intégralement à la charge du bailleur, même s'ils apparaissent sur le décompte de charges transmis par le syndic.

C'est souvent là que se situe la difficulté pratique : le décompte du syndic mélange charges récupérables et non récupérables, et c'est au bailleur de faire le tri avant de régulariser auprès de son locataire.

Le calcul de la régularisation

Le principe est simple une fois les charges récupérables correctement isolées :

Solde = provisions perçues sur la période − charges réelles récupérables

Un solde positif signifie que le locataire a versé plus de provisions que ce que les charges ont réellement coûté : ce trop-perçu doit lui être remboursé. Un solde négatif signifie l'inverse : le bailleur peut réclamer un complément au locataire, sous réserve d'avoir respecté les obligations d'information ci-dessous.

L'obligation d'information préalable

Avant toute régularisation, le bailleur doit communiquer au locataire, au moins un mois avant l'envoi du décompte, le détail des charges par nature ainsi que, dans un immeuble collectif, le mode de répartition entre les locataires. Le locataire peut demander à consulter les pièces justificatives (factures, décompte du syndic) pendant une durée de six mois après l'envoi du décompte.

À quelle fréquence régulariser ?

En principe une fois par an, à la date prévue par le bail ou, à défaut, dès que le décompte annuel de charges de l'immeuble est disponible (généralement transmis par le syndic après l'assemblée générale de copropriété). Un retard dans la régularisation n'éteint pas le droit du bailleur à réclamer un complément, mais il est de bonne pratique de régulariser rapidement pour éviter d'accumuler plusieurs années d'écart d'un coup, difficile à expliquer au locataire.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Recopier tel quel le décompte du syndic sans distinguer charges récupérables et non récupérables — la charge de la preuve revient au bailleur en cas de contestation.
  • Régulariser sans avoir communiqué le détail des charges au préalable, ce qui fragilise la demande de complément en cas de désaccord.
  • Confondre provisions forfaitaires et provisions ajustables — un forfait de charges ne peut légalement pas faire l'objet d'une régularisation, contrairement à des provisions avec régularisation prévues au bail.
  • Laisser traîner plusieurs années sans régulariser, rendant le rapprochement entre provisions et charges réelles beaucoup plus difficile à justifier.

Calculer votre régularisation

Le simulateur gratuit de régularisation des charges de Gomaloc calcule instantanément le solde entre provisions perçues et charges réelles que vous renseignez, et génère un décompte PDF prêt à transmettre au locataire. Pour les propriétaires qui suivent déjà leurs dépenses sur Gomaloc, la page Finances centralise directement les dépenses réellement engagées bien par bien, tout au long de l'année.

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